Magiciens de la couleur
"Pour eux, une belle couleur est, avant tout, une couleur qui correspond à la femme qui la porte."
Être ou devenir coloriste
Pour évoquer la couleur, une visite chez Rodolphe s’impose. Nul autre que cet artisan poète ne peut évoquer la couleur avec plus de justesse et de hauteur de vue. Pourtant, rien ne
le destinait à devenir coiffeur puis coloriste, sinon, peut être son amour de la peinture qu’il tenait dans ses gènes de sa grand-mère aquarelliste. Sans doute était-il plus sensible
à la subtilité de la transparence des couleurs, à la poésie de la lumière qu’aux dures lois de la réalité à laquelle ses parents auraient pourtant bien aimé qu’il se soumette.
Eux qui souhaitaient pour lui la voie royale de la haute administration qu’avant lui son père, et son grand-père, avaient suivie. D’une famille de préfets, il aurait dû passer
par St-Cyr au Mont-d’Or, au lieu de venir à Paris se salir les mains dans les teintures… À quoi tient une carrière ? À la chance d’avoir été remarqué par Alexandre de
Paris, qui devint son mentor, son pygmalion, l’initiant, non seulement à la coiffure, mais aux arcanes des codes de la vie mondaine et de la féminité. À beaucoup de ténacité et de
travail aussi. Enfin, à une prédisposition : celle de Rodolphe d’entendre la poésie de la couleur. Ce métier impose de désapprendre le jargon de la coiffure, de trouver un langage
commun avec la femme. La couleur n’est nen d’autre qu’une réaction visuelle entre la lumière, un support et le nerf optique. Et le langage de la couleur, relié à l’
émotion, ne peut être que métaphorique. Il nous revient de rendre la couleur palpable, de la relier à la mémoire sensorielle. Pour un roux, je parlerai de châtaigne ou d’écureuil. Le
travail de la couleur, doit s’accompagner de la perception de la couleur et de la manière de l’exprimer. » C’est aussi le hasard qui ouvre à Fan les portes du monde de la
couleur. Depuis quatre décennies, celle qui tient les rênes de la couleur chez Lucie Saint-Clair International est devenue une référence pour ses fidèles et pour les autres… Son
service "SOS coloration ratée" est une terre d’accueil pour bon nombre de décues de la capitale. Cette femme épnse d’harmonie a embrassé cette carrière après avoir hésité entre
l’esthétique, la couture et la coiffure. En elle, l’intuition viscérale des couleurs. Sa démarche intègre, à égaille, l’expérience et l’instinct. Et n’est-ce
pas précisément cette étincelle intuitive, alliée au savoir-faire qui fait la différence entre un bon technicien de la couleur et un coloriste ?
Le coloriste, technicien et humaniste
Nul doute que la définition d’un coloriste comprenne la maîtrise parfaite des règles de la colorimétrie et la connaissance de la chimie intrinsèque aux couleurs, le mystère des mélanges. Mais cela ne suffit pas à faire de lui le magicien de la couleur que les femmes reconnaissent en lui. Son talent s’écrit en termes plus subtils que l’on peut résumer par ce supplément d’âme propre à tout grand coloriste et, plus généralement, à ceux qui se démarquent dans leur univers. Pour un coloriste, la couleur est avant tout reliée à l’écoute, le langage, une approche sensible et émotionnelle plutôt qu’un phénomène physico-chimique. Rodolphe qui définit la couleur comme l’aboutissement d’une envie. « Plus qu’une couleur, la femme veut trouver son propre style qui transcende les modes, à l’image de Maria Callas ou de Jackie Kennedy. Trouver un style, c’est l’
essence de notre métier. » La femme qui veut changer de couleur, dit-il, celle qui souhaite une modification extrême exprime toujours un élan émotionnel. « Elle est persuadée que ce changement va modifier sa vie. C’est là qu’il faut agir avec tact. La femme apporte à l’acte de coloration une valeur symbolique, rituelle. Toute déception serait vécue comme une trahison. » Et de conclure, qu’être coloriste, c’est développer des valeurs d’humanisme.
Un service sur mesure
Loin des standards et des
diktats des tendances, ces artisans ne jurent que par le sur mesure. Pour eux, une couleur réussie est, avant tout, une couleur qui correspond à la femme qui la porte. Une belle couleur, rappelle Rodolphe, n’est pas dans les cheveux. La plus belle couleur n’est rien si elle n’est pas en cohérence avec l’ensemble de la personne. » On pense à
Mademoiselle Chanel pour qui le vêtement doit sublimer la femme et se laisser oublier. Mais une belle couleur, c’est avant tout une belle matière. Pour l’évoquer, Rodolphe trempe deux carrés de tissus, l’un en soie, l’autre en coton, dans un bain de couleur et les compare aux cheveux pour montrer que la brillance tient à la matière, non à la
coloration. Forts de ce principe, les coloristes concoctent des soins pour protéger et soigner les cheveux colorés.
©2010 Coloré par Rodolphe - Salon de coiffure, de coloration et de soins des cheveux du coloriste Rodolphe - Paris